La qualité des eaux
- Leutrophisation
- Un plan daction pour récupérer les usages du lac
Re naturalisation des rives
Les cyano bactéries et la protection de la santé publique
- Un lac dont il faut maintenir les usages
La qualité bactériologique
Le maintien de la biodiversité
Le lac Nairne fait lobjet depuis lan 2000 dun suivi environnemental. Trois axes retiennent plus particulièrement lattention : le processus deutrophisation, la qualité bactériologique des eaux et le maintien de la diversité biologique du lac.
Leutrophisation
Leutrophisation est le processus de vieillissement naturel des lacs. Il résulte de laccumulation de sédiments et de nutriments provenant de son bassin versant ce qui occasionne la prolifération et la dégradation de matière organique. Dans des conditions naturelles, le vieillissement des lacs est un processus qui sétend sur des milliers dannées. Toutefois leutrophisation peut être accéléré de façon considérable par les activités humaines. Le vieillissement se réalisera, si rien nest entrepris, sur quelques dizaines dannées.
Le lac Nairne montre depuis quelques années déjà des signes deutrophisation. On a ainsi noté un léger accroissement de la superficie des herbiers, donc de végétation aquatique, et des fonds sableux moins fermes. Ce changement subtil et somme toute insignifiant naurait très certainement pas été remarqué si les étés 2001 et 2002 navaient été exceptionnellement chaud et sec. Ainsi à lautomne 2001, les riverains ont assisté à une première fleur deau (document pdf). Lassociation sest rapidement intéressée à ces changements. Les ministères concernés ont été avisés de la présence de fleurs deau. La régie régionale de la Santé et des Services sociaux a réuni, dès juillet 2002, une brochette dexperts gouvernementaux et dacteurs locaux afin de suivre lévolution des fleurs deaux et démettre, le cas échéant, des avis visant la protection de la santé publique. Lune des premières tâches du comité a été didentifier certains paramètres physiques et chimiques des eaux du lac afin de préciser son état deutrophisation. Les résultats danalyses des échantillons recueillis lors de la première campagne de terrain ont démontré létat deutrophisation du plan deau alors que le taux doxygène dissous sous la thermocline était de zéro ( 0 % ) et que le taux de phosphore était de 22 µg/l2.
En raison des températures exceptionnellement élevées des eaux, soit plus de 23°C, qui ont fait la joie des baigneurs et des plaisanciers, et de labsence doxygène, les résidents ont assisté à une importante mortalité dombles de fontaine et dombles chevaliers qui, cherchant des eaux moins chaudes et mieux oxygénées se sont retrouvées en surpopulation dans le tributaire principal du lac Nairne. Cette mortalité de géniteurs a eu leffet dun électrochoc (document pdf) auprès des populations locales, des villégiateurs et des responsables ministériels. Parce quon ne connaissait pas de façon précise la cause de ces mortalités, succédèrent aux avis recommandant de ne pas consommer les poissons du lac, les avis dinterdiction de consommation et dutilisation de leau du Lac Nairne, et ce, dans lattente des résultats de la nécropsie des poissons de même que des résultats des analyses chimiques et bactériologiques des eaux. Les analyses ne démontrèrent aucune cause externe. La mortalité des poissons constituait lune des conséquences de leutrophisation.
À lautomne, dès que les résultats de la nécropsie des poissons et celles des analyses chimiques et bactériologiques des eaux furent connues, les villégiateurs du lac Nairne assistèrent à un long épisode de floraison deau. La présence de cyanobactéries de même que de dhépato toxines fut confirmée. Le lac Nairne vieillissait prématurément.
Plan daction pour récupérer les usages du lac
Afin de contrer leutrophisation du lac Nairne et den redonner les usages à la population, lAPELN a présenté le 7 août 2002 à ses membres rassemblés en assemblée générale annuelle ses propositions dinterventions. Ce plan a été déposé le 4 septembre 2002 au Conseil municipal de Saint-Aimé-des-Lacs. Il propose :
Pour la municipalité de Saint-Aimé-des-Lacs :
la caractérisation des systèmes sanitaires des résidences isolées du bassin versant du lac Nairne;
la mise à niveau des systèmes inefficaces ou non conformes aux normes gouvernementales, et,
la gestion de la vidange périodique des systèmes sanitaires des résidences isolées des résidences visées.
Pour les riverains du lac Nairne :
La re naturalisation des rives du lac Nairne
Pour les acteurs du secteur agricole :
Lidentification des pratiques agricoles ;
La vérification de la conformité de ces pratiques aux normes gouvernementales et,
La mise à niveau des équipements ou les modifications des pratiques environnementales le cas échéant.
Ce plan dintervention a été accepté par les membres de lAPELN lors de lassemblée générale annuelle du mois daoût 2002.
Re naturalisation des rives
La re naturalisation des rives du lac Nairne a pour objectifs de capter les nutriments résiduels, principalement le phosphore, avant quils natteignent le plan deau, de stabiliser les rives, de réduire lérosion et de créer des zones dombres propices à laccroissement de la productivité. En outre le projet vise à sensibiliser les riverains à préserver les ressources et à adopter des comportements appropriés au contexte environnemental du plan deau.
Les efforts de re naturalisation des rives du lac Nairne concernent 123 riverains qui se sont engagés tant sur le plan personnel que financier à rehausser la qualité environnementale dun lac montrant des signes évidents de vieillissement prématuré. Ils y investiront plus de 25 00,00 $ soit pour lacquisition de quelques 18 000 plants ou autres produits et matériels nécessaires à la naturalisation des rives. Au terme du projet, 3 000 m des 4 400 m linéaires de propriétés privées non commerciales auront retrouvé leur aspect naturel. La plantation de végétaux (arbustes et vivaces) sur une superficie de 7 745 m2 portera de 800 m à 3 800 m la longueur de rives à létat naturel soit un peu plus de 73 % du territoire visé par le projet.
Les cyano bactéries et la protection de la santé publique
Les toxines libérées par les cyanobactéries soulèvent diverses interrogations chez le public dautant plus que les régies régionales de la Santé et des Services sociaux, par souci de protection de la santé publique, sont promptes à émettre des avis et des recommandations visant à interdire toute utilisation de leau. Si on ne peut nier les effets sur la santé des toxines, il faut quand même mettre en perspective ces problématiques. En effet, une personne de 70 kg devrait consommer au moins 1,5 litres deau contaminée (à la micro cystine) à un taux de 1,5 µg/l avant dêtre à risque;
Des sondages effectués par lassociation auprès des résidents et villégiateurs révèlent que lalimentation en eau potable (boire et leau de cuisson) provenant directement du lac ou de ses tributaires est à peu près inexistante au lac Nairne;
Les floraisons deau au lac Nairne se produisent à compter de mois de septembre. Elles naffectent donc pour ainsi dire jamais les usagers du lac puisque la saison de villégiature est à peu près terminée et la pratique des activités nautiques ne sétend pas au-delà de la première quinzaine de septembre.
Si les risques à la santé sont minimes, la prudence est tout de même de rigueur.
Un lac dont il faut maintenir les usages
Certains pourraient penser que leutrophisation du lac Nairne est inéluctable et quà brève échéance les villégiateurs et résidents en auront perdu les usages. Heureusement rien nest plus faux. La mise à niveau des systèmes de disposition des eaux usées dans le bassin versant de même que la conformité des productions animales aux normes environnementales réduiront les apports de phosphore et dazote dans le plan deau. Par ailleurs, la mise en uvre du programme de re naturalisation des rives aura des effets significatifs sur la santé du lac. On estime en effet que lorsque lécran de végétation aura atteint sa maturité, soit en 2006, cest près de 85 % du phosphore résiduel qui sera capté avant datteindre les eaux du lac.
Les résultats obtenus pour le lac Érié démontrent que lon peut reconstituer de larges écosystèmes aquatiques. À condition dy mettre les ressources professionnelles et financières requises. Le lac Nairne présente depuis quelques années seulement ses premiers signes deutrophisation. Étant au début du processus de vieillissement prématuré du lac, il est temps dagir et dadopter des comportements qui tiennent compte de la qualité de lenvironnement. Plus on tarde à agir, plus les problématiques environnementales sont complexes et plus elles deviennent onéreuses à corriger.
La qualité bactériologique du lac Nairne
La qualité bactériologique des eaux est le principal paramètre du suivi de la qualité des eaux utilisées à des fins récréatives La seule plage publique du lac, soit la plage municipale, fait partie du réseau de surveillance des plages du ministère de l'Environnement du Québec. Aussi. Est-il possible de suivre lévolution de la qualité bactériologique des eaux depuis 1993.
Il convient de noter que la qualité des eaux sest grandement améliorée à la suite de la caractérisation des eaux du lac Nairne effectuée dans le cadre du programme des lacs en 1989. À ce moment, on notait des taux de coliformes excédant le millier dans au moins cinq des stations où furent prélevés les échantillons. Une campagne d'échantillonnage sur les sites pollués de 1989 a été effectuée à lété 2001 et les résultats des analyses indiquent que le taux de coliformes est actuellement bien en dessous de la norme québécoise pour la baignade.
Le maintien de la biodiversité
Le maintien de la biodiversité est basé sur la préservation des ressources biologiques des lieux. À cet égard, il convient de préserver toutes les espèces vivantes et de prioriser celles qui sont soit en danger, soit fragiles ou se trouvent à la limite de leur zone de distribution. Au lac Nairne, lomble chevalier est à la limite de son aire de distribution et les conditions physiques et chimiques des eaux (profondeur, température) sont à la limite inférieur de leur seuil de survie.
Il importe en outre de soustraire les espèces indigènes à la concurrence que pourrait occasionner lintroduction ou la présence despèces non indigènes au milieu. Parmi les espèces exogènes qui ont envahi les eaux québécoises la moule zébrée (Dreissena polymorpha) et la myriophylle à épi (Myriophyllu spicatum L) occasionnent des dommages irréparables aux plans deau. En effet, comme elle nont pas de prédateurs naturels et comme leur mode ou leur taux de reproduction est extrêmement efficace, il est quasiment impossible, dans létat des connaissances actuelles, de sen débarrasser lorsquelles ont été introduites dans un plan deau. Elles appauvrissent la diversité écologique en plus doccasionner des pertes sociales et économiques importantes aux collectivités locales et régionales.
Le seul moyen de lutte contre ces espèces indésirables demeure la prévention. Cest ainsi que lassociation fait campagne à chaque début de saison afin de sensibiliser les usagers et les touristes des risques associés à lintroduction des espèces non indigènes et de la nécessité de nettoyer les équipements et le matériel ayant fréquenté des plans deaux contaminés.
Association pour la protection
de lenvironnement du lac Nairne Inc.
45, de la Réserve,, St-Aimé-des-Lacs, (Qc) G0T 1S0
Courriel : admin@lacnairne.org
© 2003 P.Barry pour l'association des propriétaires du lac Nairme
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